vendredi 11 juillet 2014

Une goutte d'eau dans l'océan

Un témoignage… en forme d’appel

Il y a un an, presque jour pour jour, nous étions avec Alix, Tiphaine et Florent à Paray Le Monial lors d’une session “Jeunes” organisée par la Communauté de l’Emmanuel, et nous entendions le témoignage du père Jean-Philippe : une enfance sans amour, une innocence brisée, un être abîmé qui sombre dans la délinquance, présageant un avenir sans espoir. Et puis, une rencontre va changer sa vie : la rencontre de l’amour du Christ et de la Vierge Marie, à travers des hommes et des femmes qui vont “le regarder comme une personne”. Un regard de bonté peut sauver une vie, aime rappeler le Père Jean-Philippe. Et sa vie en est la preuve irréfutable.


“Que celui qui n’a jamais péché”

De retour à Grenoble, Tiphaine achète le bouquin* du Padre, comme nous le surnommons tous affectueusement. Sa vie offerte pour les toxicomanes, les prostitués et les prisonniers, est un témoignage exceptionnel d’amour. Lui, qui a été privé si longtemps d’affection, ne manque pas une occasion d’en donner à ceux qui en manquent, sans jugement, sans aucune condition préalable, sans volonté de changer par la force les personnes rencontrées.


Boulogne et son bois

A l’automne 2013, nous avons la chance avec Tiphaine d’aller à Paris pour notre travail, et nous en profitons pour rencontrer le Padre à Boulogne-Billancourt. Nous participons à un “mercredi du cœur”, et nous sommes émerveillés devant la joie dégagée lors de ce dîner. Les bénévoles sont heureux d’accueillir une centaine d’invités chaque semaine, les rires fusent malgré les difficultés de chacun, et en dépit de la diversité des religions des invités, nous assistons, non sans étonnement, à un magnifique temps de prière pour la Vierge Marie, notre mère à tous. A la fin du dîner, nous montons dans le camping-car du Padre, en direction du Bois, véritable “bordel à ciel ouvert”. Les travestis montent à bord pour prendre un café, se réchauffer, discuter ; au milieu de cette misère, le camping-car est un véritable havre de paix et d’accueil, lumière au milieu de la nuit.


“Et pourquoi pas à Grenoble ?”

Cette question du Padre nous a propulsé dans un projet un peu fou ! Tiphaine et moi ne connaissions pas grand chose du monde de la rue, nous n’avions aucune expérience, et nous avions chacun de notre côté, des vies professionnelles et familiales bien réglées. Mais c’est une évidence, nous allons répondre à cet appel ; nous ne pouvons résister à cette magnifique expérience d’amour avec nos frères et nos sœurs qui sont dans le besoin. Et c’est ainsi que nous présentons début janvier 2014 le projet Magdalena38 à nos conjoints, à nos proches, à notre paroisse, et aux prêtres que nous connaissons.


“Marie vous aidera”

Cinq mois plus tard, le premier dîner est organisé. Entre temps, ce fut un parcours magnifique, sans savoir vraiment où cela nous mènerait, sans aucune maîtrise des événements. Le Padre nous répétait à la moindre de nos inquiétudes : si c’est réellement un projet de Marie, alors elle vous aidera, soyez patients et n’ayez crainte. Et les unes après les autres, au fil de nos rencontres, nos difficultés s’envolaient. L’évêque de notre diocèse nous apporte son soutien, la paroisse du centre-ville de Grenoble décide de nous accueillir et nous propose de grands locaux avec une cuisine. Nous avons besoin de prêtres : nous en aurons chaque semaine ! Nos familles et nos amis répondent à l’appel en s’engageant en tant que bénévoles, en nous soutenant par des dons… et puis les paroissiens nous offrent leur soutien de la même manière ! Sans parler bien sûr de l’aide de Magdalena à Boulogne.


6 dîners pour se roder, et une reprise programmée le 3 septembre

Mercredi c’était notre 6ème et dernier dîner, autour d’un barbecue. Nous étions vingt-deux et nous avons encore passé un merveilleux moment malgré une météo peu clémente. C’est donc la fin de notre période de rodage avant la pause estivale. Nous nous sommes quittés, un peu tristes, mais avec la promesse de nous revoir en septembre, et dans l’espoir de ne plus avoir à interrompre nos dîners, même en période de vacances ! Nos frères et sœurs de la rue ne partent pas pendant l’été, et nous les abandonnons avec regret. Mais loin d’être rancuniers, ils nous souhaitent de passer de très bonnes vacances, et de profiter de nos familles.


Une goutte d'eau dans l’océan

Cher lecteur, merci pour ton soutien, que ce soit en tant que bénévole, en tant que donateur, ou encore par ta prière, ou même par le simple intérêt que tu portes à ce projet. Grâce à toi, nous avons la chance de vivre des moments extraordinaires qui nous font découvrir l’amour gratuit et la vraie joie. Si tu as l’occasion de venir un mercredi soir, tu es le bienvenu. Nous ne savons pas où ce projet nous mènera, quels seront les éventuels fruits de notre action, mais comme le disait Mère Teresa : “c'est vrai que ce que nous réalisons n'est qu'une goutte d'eau par rapport à l'océan. Mais sans cette petite goutte, il manquerait quelque chose à l'océan.”

Article écrit par Rodolphe, le 11 juillet 2014.

* “Que celui qui n’a jamais péché”, Père Jean-Philippe, édition Salvator.

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