mercredi 9 mars 2016

Les semaines passent, et ne se ressemblent pas

Déjà 5 tournées du Cœur 

Les semaines passent, et ne se ressemblent pas. Le rituel est pourtant toujours le même et nous commençons à être rodés : prière commune avec ceux du dîner à 21h30, puis départ à 22h00, parcours des artères de la ville en voiture et à pied pendant 3 heures pour rencontrer entre 10 et 20 filles, et retour à 1h du matin. Mais ce rituel est bien la seule chose commune entre les tournées, car l'essentiel, la rencontre avec l'autre, est unique, et chaque fois nouvelle. Nous sommes souvent accueillis avec bienveillance par les nouvelles personnes ; nous dérangeons certaines et nous rebroussons chemin discrètement ; et d'autres au contraire, nous attendent avec un grand sourire au cœur de la nuit ! Les liens se tissent au fil des rencontres, nous apprenons à nous connaître, les échanges sont de plus en plus longs. Semaine après semaine, nous plongeons progressivement dans leur vie et partageons certaines de leurs souffrances, à commencer par le froid et la pluie. Un lien de confiance semble s'établir, comme un signe d'espérance dans un milieu où seuls l'argent et la violence définissent les relations. Et puis parfois nous rions ensemble, malgré tout, dans un moment de joie simple. Et enfin, nous prions, toujours, ensemble la plupart du temps, ou un peu plus loin sinon.

Père Jean-Philippe 

Les 9 et 10 février derniers, nous avons eu la joie d'accueillir le Père Jean-Philippe, fondateur de Magdalena, pour un temps d'enseignement entre bénévoles le mardi soir, sur la miséricorde, et pour vivre ensemble la messe des cendres, le dîner et la tournée du cœur le mercredi soir. Nous avons pu profiter de conseils précieux, et mieux comprendre sa démarche auprès des personnes rencontrées : un regard de bonté qui atteint en toute simplicité le cœur. Les tournées suivantes, les filles nous ont demandés où était le Padre ! 




Ajuster notre démarche

Nous avons décidé depuis le début de venir les mains vides, pour établir une relation d'égal à égal. Mais devant la difficulté d'établir une conversation, nous avons à plusieurs reprises proposé au bout de deux ou trois minutes à peine de prier ensemble, pour combler un silence trop pesant pour nous. Ce fut une erreur, justement relevée par l'une d'entre nous, car nous nous servions alors de la prière pour abréger la rencontre. Ajuster notre démarche est une nécessité pour rentrer dans une relation authentique avec les personnes rencontrées, et nous allons devoir apprendre au fil des semaines.

Retraite Magdalena

Ce week-end a eu lieu la retraite annuelle de tous les Magdalena de France et de Navarre, à Nouan Le Fuzelier, au sud d'Orléans. Nous étions une cinquantaine, dont 4 à venir de Grenoble, et ce fut une rencontre très riche. Les expériences des autres associations de Boulogne-Billancourt, Orléans et Nantes, ont été pour nous particulièrement éclairantes. Frère Samuel Rouvillois nous a dispensé un enseignement lumineux en cinq parties sur la miséricorde. De toute évidence, l'éveil de notre intelligence au service de nos frères et sœurs est une nécessité pour chacun de nous.


Article écrit par Rodolphe, le 9 mars 2016