mardi 27 septembre 2016

Quand Notre-Dame de la Salette rassemble tous ses enfants

Dimanche 25 septembre, 7h30



Réveil à l'aube en ce dimanche pour partir tous ensemble à La Salette, à l'occasion du pèlerinage diocésain, et du 170ème anniversaire de l'apparition de Notre-Dame. Notre petite troupe de Magdaléniens monte dans le car, qui n'attendra pas les retardataires. Nous sommes huit... sur les dix-neuf inscrits. Je regarde tout autour, je relance une nouvelle fois sur les téléphones qui ne décrochent pas, quand soudain j'aperçois deux amis au loin, marchant tranquillement vers nous. Je cours à leur rencontre pour qu'ils accélèrent le pas, pendant qu'une bénévole fait patienter le chauffeur du car. Nous sommes dix... Mon téléphone sonne, un groupe de trois filles anglophones me demande de les attendre, elles sont dans le tramway... C'est décidé, je laisse le car partir sans moi, et je prends ma voiture pour aller retrouver nos trois amies, afin de monter ensemble à La Salette. Nous sommes treize !


9h30, les derniers seront les premiers



Notre voiture arrive avant le car, et nous nous rendons sans plus attendre au pied de la statue de la Vierge Marie sur le parvis de la basilique. Je regarde nos amies courir vers notre Mère, et j'admire leur foi qui est grande, simple, et explicite. Elles restent un long moment à prier en silence. Puis elles filent acheter des luminions, m'en offrent un au passage, et nous retournons les déposer au pied de la Madone. Nouveau temps de recueillement. Puis nous grimpons jusqu'à la petite chapelle construite avant la basilique, puis de l'autre côté, jusqu'à la croix dominant le lieu. "It's a lovely place", s'exclame l'une d'elles, et les autres acquiescent en admirant l'Obiou qui domine juste en face ! Deux jeunes du groupe Isereanybody nous rejoignent, et acceptent de participer à la séance photos.

12h00, déjeuner sur l'herbe



Le soleil est au zenith, et nous nous retrouvons pour déjeuner ensemble. Tout est si léger à cet instant : les soucis sont loin et les montagnes forment un rempart, cachant Grenoble et ses rues. La grâce nous enveloppe, et la joie se manifeste à travers les rires. Saucisson, tomates, œufs durs, quiches, fromages, fruits, desserts...  nous voilà restaurés pour l'après-midi ! Je propose à nos amies anglophones de rencontrer un prêtre individuellement, ce qu'elles acceptent avec un large sourire ! Et me voilà parti à la recherche de prêtres... maîtrisant la langue de Shaekspear ! Le père Raphaël et le père Jean-Baptiste acceptent de se prêter à cet exercice en anglais : merci pour elles !

15h00, banquet mystique



Notre évêque célèbre l’Eucharistie, qui clôture cette merveilleuse journée ! Et dans l'Evangile du jour, Jésus nous rappelle notre devoir d'être attentif à tous ceux qui sont devant nos portes, pour ne pas finir comme l'homme riche : "Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance". Les larmes de Notre-Dame de la Salette nous invitent encore et toujours à nous convertir, à écouter la parole du Christ, à accueillir les personnes les plus démunies car "les publicains et les prostituées nous précéderont dans le royaume de Dieu" (Matthieu, 21, 31), et ce sont eux, "nos amis qui nous accueilleront dans les demeures éternelles" (Luc, 16, 9).

17h00, nous repartons en direction de Grenoble


Nous repartons pour Grenoble, en car et en voiture. Tout le monde est heureux, dans la joie. Pendant les deux heures de route, nos amies anglophones font résonner dans la voiture des chants pour louer et bénir le Seigneur pour cette journée écoulée. Soudain, en arrivant à Grenoble, mon cœur se serre, et le doute m'envahit : comment puis-je laisser mes amies, victimes d'un réseau de traite des êtres humains, repartir à leur "travail de la nuit", dans ce sordide esclavage ? Comment laisser dormir ce soir dans la rue ceux que je côtoie depuis plus de deux ans ? C'est certain, je suis l'homme riche de l'évangile : je vais bientôt rentrer chez moi, au chaud, partager un bon dîner en famille, et dormir auprès de celle qui m'aime. Incapable de tout donner, il ne me reste plus qu'à prier la Sainte Vierge :
Souvenez-Vous, ô Notre-Dame de La Salette, 
véritable Mère de douleurs, 
des larmes que Vous avez versées pour moi sur le Calvaire : 
souvenez-Vous aussi de la peine que Vous prenez toujours pour moi, 
afin de me soustraire à la justice de Dieu, 
et voyez si, après avoir tant fait pour votre enfant, 
Vous pouvez maintenant l'abandonner. 
Ranimé par cette consolante pensée,
je viens me jeter à vos pieds, 
malgré mes infidélités et mes ingratitudes. 
Ne repoussez pas ma prière, 
ô Vierge Réconciliatrice, 
mais convertissez-moi; 
faites-moi la grâce d'aimer Jésus par-dessus tout, 
et de Vous consoler Vous-même 
par une vie sainte 
pour que je puisse un jour Vous voir au ciel.
Ainsi soit-il.


Article rédigé par Rodolphe, le 27 septembre 2016