jeudi 26 mai 2016

Un havre de paix ambulant

Bienvenue dans notre camping-car !



Non, nous n'avons pas gagné au loto, nous n'avons pas contracté un crédit insoutenable, nous n'avons pas commis un "camping-car-jacking"... Non, un camping-car nous est simplement tombé du ciel, aussi simplement que cela ! 
Bon d'accord, la Providence ne nous l'a pas envoyé par ascenseur céleste, mais presque ! Trois mois après avoir démarré nos tournées du cœur à Grenoble, Magdalena92 nous a offert un camping-car entièrement révisé, floqué au nom de l'association et immédiatement opérationnel, avec en cerise sur le gâteau, la livraison effectuée par un généreux bénévole parisien, Alain !
Quelle ne fut pas notre émotion de prendre possession de ce camping-car qui a tournait de nombreuses années dans le bois de Boulogne, et qui arpentera dorénavant les rue grenobloises. 

Bon, il faut tout de même financer l'entretien, l'assurance, le carburant, et nous faisons donc appel à toi, cher lecteur, pour nous donner un petit coup de pouce ! Et oui, la Providence souhaite aussi passer par ta carte bleue : 

Aller à la rencontre, faire le premier pas



Comme tous les mercredis soirs, camping-car ou non, il nous faut faire le premier pas pour provoquer la rencontre avec les filles, pour entamer la conversation, pour consolider ce petit lien de confiance qui s'établit semaine après semaine. Le camping-car impressionne un peu, et nous leur demandons d'inverser la démarche : maintenant, c'est elles qui doivent venir chez nous ! A l'intérieur, tout est prêt : café, thé, coca-cola, jus d'orange, madeleines, etc. Certaines n'osent pas monter à bord, alors nous restons sur le trottoir avec elles, ce sera pour plus tard. D'autres au contraire sont très enthousiastes, et investissent rapidement ce nouveau lieu. Et la magie prend forme ! 

Bienvenue chez vous !



A l'intérieur tout change : les filles peuvent réellement s'asseoir, confortablement. Pour quelques instants, elles quittent le trottoir, elles disparaissent du regard parfois pesant des passants, elles échappent aux clients et aux proxénètes, elles se posent au calme. Nous pensions les inviter chez nous, mais elles sont en réalité chez elles ! C'est leur camping-car, dont nous ne sommes que les intendants inutiles. L'une d'elles s'empare de la guitare, et nous voici parti sur un rythme africain, à chanter et danser tous ensemble. En  réalité, elle ne sait pas bien jouer de la guitare, dont elle se sert plus comme un tamtam... mais son cœur et sa joie d'être ici nous emporte tous.

Avant de redescendre, nous terminons par un temps de prière. La présence du Père Benoit ce soir est très appréciée ! Les filles lui réclament d'être bénies individuellement, et confient au Seigneur une nouvelle fois leur souhait d'obtenir des papiers pour pouvoir changer de vie. A l'intérieur du camping-car, le temps s'est arrêté, quelques instants au moins. Il est 1h du matin, nous rentrons nous coucher, en faisant un petit crochet pour déposer une fille chez elle. 

Merci à toux ceux qui nous soutiennent, à Magdalena92 bien sûr pour ce camping-car, et à toi cher fidèle lecteur. Car c'est uniquement grâce à vous, grâce à votre prière, grâce à vos dons, que nous pouvons vivre de si beaux moments. C'est par vous, que la Providence se manifeste. Merci Seigneur Jésus.


Pour faire nous aider à financer le camping-car :



Article rédigé par Rodolphe, le 26 mai 2016

jeudi 19 mai 2016

Deux bénévoles de l'association Magdalena témoignent sur RCF Isère

Bernard et Cécile-Marie témoignent de leur engagement à Magdalena.






Merci à tous les deux pour votre témoignage. Le flux de l'émission est parfois un peu long à apparaître.

vendredi 13 mai 2016

Un mercredi chargé... pour une joie parfaite !

Rencontre entre les Eglises au sujet de la prostitution

Dix heures du matin, nous arrivons à la maison diocésaine pour participer à une nouvelle rencontre entre les Eglises, organisée par le service diaconie. Depuis plus d'un an, nous prenons régulièrement le temps de nous rencontrer pour essayer de mieux comprendre ce monde obscure de la prostitution, pour partager nos expériences et nos rencontres, et pour tenter d'apporter un soutien aux personnes victimes des réseaux. Ces réunions œcuméniques sont une grâce, et cette unité dans l'action et la prière nous permet de prendre des forces et de ne pas nous décourager. C'est grâce à ces rencontres que nous avons lancé les Tournées du Cœur début février, pour aller auprès des personnes en situation de prostitution chaque mercredi ! Et hier encore, nous avons projeter d'aller un peu plus loin pour combattre ce fléau. Les axes sont clairs :

  • Informer nos concitoyens de la réalité, battre en brèche les idées reçues et permettre un changement de regard.
  • Créer un lieu d'accueil en journée pour permettre aux personnes de se poser, de rencontrer des bénévoles, de déposer leurs soucis.
  • Alerter les prêtres et pasteurs pour avoir un accueil bienveillant, lorsque les personnes viennent dans leurs églises.
Toutes ces actions nécessitent des moyens humains et financiers, et bien sûr un soutien dans la prière. Nous les mettrons progressivement en oeuvre, avec la grâce de Dieu, et avec votre précieuse aide.

Dîner du cœur

Quinze heures, il faut se dépêcher pour aller récupérer les provisions à la banque alimentaire. C'est un travail dans l'ombre, mais indispensable pour nous permettre de préparer le dîner à partir de 18h30. Chaque mercredi, deux bénévoles se dévouent, et mettent leur bras à contribution pour transporter palettes et glacières, soigneusement préparées par les bénévoles de la banque alimentaire. Nous touchons ici à la complémentarité des actions de solidarité, et sachez donc qu'en soutenant la banque alimentaire notamment lors des collectes en grande surface, vous nous permettez de préparer de bons repas à nos invités !

Ce soir notre chef cuisinier habituel n'est pas là, mais son suppléant prend le relais avec brio ! Après une salade composée en entrée, nous dégustons des wraps : c'est un franc succès ! Et après le fromage, nous fêtons avec l'arrivée du dessert, les trente ans d'ordination du prêtre qui nous accompagne régulièrement depuis deux ans. Merci pour votre présence et pour votre fidélité ! Et bien sûr, et c'est devenu une habitude, l'un de nos invités pousse la chansonnette et nous entraîne tous à sa suite : "Dans les prisons de Nantes, Y avait un prisonnier ..."

Nous terminons le dîner par un temps de prière. Ce soir, nous demandons à l'Esprit Saint de nous accompagner sur nos chemins de vie ; le prêtre lit un passage sur la Pentecôte et nous donne quelques clés pour accueillir ce don de Dieu ; puis nous nous confions à la Sainte Vierge Marie en chantant. 

Tournée du cœur

Vingt-deux heures, nous partons en tournée. Nous sommes quatre bénévoles ce soir, et la météo est favorable ce qui n'est pas un simple détail ! Nous rencontrerons une vingtaine de filles au total, que nous connaissons pratiquement toutes maintenant. Certaines ne sont pas disponibles, et nous demandent poliment de ne pas rester. Nous nous éloignons, et nous repasserons la semaine prochaine sans oublier de prier pour elles. Mais pour la majorité, l'accueil est bienveillant, nous sommes attendus avec de larges sourires ! La nuit est calme, nous prenons de leurs nouvelles, soucieux de la violence qu'elles subissent, de leur nécessité vitale d'avoir des clients pour rapporter de l'argent, et de leurs enfants qui vivent en France ou au pays d'origine. Oui, ces filles du trottoir sont aussi des mamans aimantes, qui ont besoin d'argent pour nourrir leur famille. Inlassablement, de semaine en semaine, nous prions ensemble autour d'une petite bougie : en roumain, en anglais, ou en français, nous confions les intentions des filles. Pour trois d'entre elles : avoir des papiers français, de l'argent, et un autre travail ! Bref, changer de vie ! Nous nous sentons bien impuissants, et n'avons d'autre secours que Dieu et la Sainte Vierge Marie.
La semaine dernière, nous avions la chance d'avoir un prêtre qui est venu tourner avec nous, et l'une des filles revue ce soir nous dit spontanément qu'elle a été très honorée de sa présence ! Merci pour votre témoignage, représentant du Christ, lumière dans la nuit ! Nous distribuons encore quelques chapelets offerts gracieusement par un bénévole. 

Il est une heure du matin, nous n'avons pas pu effectuer l'intégralité de notre parcours, nous ne pourrons pas voir toutes les filles, et nous ne sauverons pas le monde. C'est une évidence que nous devons intégrer. Trois heures par semaine, c'est si peu, mais c'est notre limite qu'il nous faut accepter car le réveil du jeudi matin pour aller travailler est une épreuve pour chacun de nous ! Mais à la suite de Mère Térésa, nous savons que pour changer le monde il ne faut en réalité que deux choses : "D’abord, moi, et puis vous". 

"Votre peine se changera en joie"

Ce matin, un prêtre nous a demandé lors de la réunion à la maison diocésaine quel était notre ressenti lors de ces tournées. J'ai apporté une témoignage forcément personnel et c'est étrange, mais ma première réponse fut la joie !

Et pourtant une immense douleur envahit mon cœur quand je pense à ses filles. La douleur car au fil des rencontres nous plongeons dans leur quotidien : la violence de certains passants qui les insultent ou leur lancent des objets, la malhonnêteté de certains clients qui rackettent les filles pour récupérer leur argent après une passe, les luttes de territoires entre les réseaux, et bien sûr, l'obligation de racoler pour aller chercher le client ! L'envers du décors est terrifiant : c'est la vente de leur corps contre leur gré, avec en plus, l'obligation de faire croire qu'elles travaillent par plaisir. Ce sont des viols, rémunérés quand les clients sont honnêtes, mais des viols quand même car il n'y a pas de consentement réciproque, des viols sous nos yeux, dans notre ville.

Et pourtant la joie est bel et bien là également, quel sentiment étrange ! Le sourire d'accueil puis les rires lors de nos discussions, les pas de danse qu'elles entament au rythme de la musique sortie de leurs téléphones, la flamme vacillante de notre petite bougie qu'elles tiennent précieusement dans leurs mains, leur foi extraordinaire malgré tout ce qu'elles subissent : voilà la joie qu'elles nous transmettent ! Ce sont elles qui nous portent, de rencontre en rencontre, qui comblent nos cœurs de simples bénévoles, de serviteurs inutiles. Le Christ nous a promis cette joie : "Amen, amen, je vous le dis : [...] vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie." (Jean 16, 20).

Se mettre au service de celles qui étaient appelées autrefois maladroitement les "filles de joie" nous comble effectivement d'une joie véritable et authentique. 

Article écrit par Rodolphe, le 12 mai 2016

jeudi 12 mai 2016

Relais38 - Mai 2016 : "Les Tournées du Coeur de Magdalena 38"

Retrouvez-nous en page 5 du dernier numéro du magazine du Diocèse de Grenoble-Vienne, Relais 38 :


Vous pouvez retrouver le Relais38 en ligne (article en page 5) :
http://www.diocese-grenoble-vienne.fr/relais38_278_sommaire.html


lundi 2 mai 2016

Se faire proche des personnes en situation de prostitution

Des associations travaillent ensemble auprès des personnes en situation de prostitution. Il faut bien parler de traite de l’être humain. Une nouvelle loi vient d’être votée.




Merci à Denis pour son témoignage. Le flux de l'émission est parfois un peu long à apparaître.

mercredi 9 mars 2016

Les semaines passent, et ne se ressemblent pas

Déjà 5 tournées du Cœur 

Les semaines passent, et ne se ressemblent pas. Le rituel est pourtant toujours le même et nous commençons à être rodés : prière commune avec ceux du dîner à 21h30, puis départ à 22h00, parcours des artères de la ville en voiture et à pied pendant 3 heures pour rencontrer entre 10 et 20 filles, et retour à 1h du matin. Mais ce rituel est bien la seule chose commune entre les tournées, car l'essentiel, la rencontre avec l'autre, est unique, et chaque fois nouvelle. Nous sommes souvent accueillis avec bienveillance par les nouvelles personnes ; nous dérangeons certaines et nous rebroussons chemin discrètement ; et d'autres au contraire, nous attendent avec un grand sourire au cœur de la nuit ! Les liens se tissent au fil des rencontres, nous apprenons à nous connaître, les échanges sont de plus en plus longs. Semaine après semaine, nous plongeons progressivement dans leur vie et partageons certaines de leurs souffrances, à commencer par le froid et la pluie. Un lien de confiance semble s'établir, comme un signe d'espérance dans un milieu où seuls l'argent et la violence définissent les relations. Et puis parfois nous rions ensemble, malgré tout, dans un moment de joie simple. Et enfin, nous prions, toujours, ensemble la plupart du temps, ou un peu plus loin sinon.

Père Jean-Philippe 

Les 9 et 10 février derniers, nous avons eu la joie d'accueillir le Père Jean-Philippe, fondateur de Magdalena, pour un temps d'enseignement entre bénévoles le mardi soir, sur la miséricorde, et pour vivre ensemble la messe des cendres, le dîner et la tournée du cœur le mercredi soir. Nous avons pu profiter de conseils précieux, et mieux comprendre sa démarche auprès des personnes rencontrées : un regard de bonté qui atteint en toute simplicité le cœur. Les tournées suivantes, les filles nous ont demandés où était le Padre ! 




Ajuster notre démarche

Nous avons décidé depuis le début de venir les mains vides, pour établir une relation d'égal à égal. Mais devant la difficulté d'établir une conversation, nous avons à plusieurs reprises proposé au bout de deux ou trois minutes à peine de prier ensemble, pour combler un silence trop pesant pour nous. Ce fut une erreur, justement relevée par l'une d'entre nous, car nous nous servions alors de la prière pour abréger la rencontre. Ajuster notre démarche est une nécessité pour rentrer dans une relation authentique avec les personnes rencontrées, et nous allons devoir apprendre au fil des semaines.

Retraite Magdalena

Ce week-end a eu lieu la retraite annuelle de tous les Magdalena de France et de Navarre, à Nouan Le Fuzelier, au sud d'Orléans. Nous étions une cinquantaine, dont 4 à venir de Grenoble, et ce fut une rencontre très riche. Les expériences des autres associations de Boulogne-Billancourt, Orléans et Nantes, ont été pour nous particulièrement éclairantes. Frère Samuel Rouvillois nous a dispensé un enseignement lumineux en cinq parties sur la miséricorde. De toute évidence, l'éveil de notre intelligence au service de nos frères et sœurs est une nécessité pour chacun de nous.


Article écrit par Rodolphe, le 9 mars 2016

jeudi 4 février 2016

Première Tournée du Coeur

Préparation

Il est 21h30, nous nous retrouvons tous ensemble autour d’une icône de Marie, Mère de l’Emmanuel, pour un temps de prière partagé entre ceux qui ont participé au dîner habituel du mercredi soir, et ceux qui partent pour la première « Tournée du Cœur ». Dorénavant, chaque semaine, à la suite du dîner, certains d’entre nous iront à la rencontre des personnes en situation de prostitution de 22h à 1h du matin dans les rues de Grenoble.

La veille, nous étions une petite quinzaine à nous être réunis pour préparer et lancer ce deuxième pôle d’activités de notre association. Nous ne connaissons rien du monde de la prostitution, mais nous avons pu grâce au service diaconie du diocèse de Grenoble-Vienne, rencontrer à plusieurs reprises des travailleurs sociaux et une association évangélique qui nous ont fait un état des lieux précis de la situation locale. Les personnes concernées sont des victimes de réseaux de traite des êtres humains. Elles sont presque toutes nigérianes ou d’Europe de l’Est, ne parlent quasiment pas français, et sont sous emprise intellectuelle ou spirituelle de leur proxénète. Soyons clairs, elles ne sont pas là par choix, elles sont exploitées, esclaves de leur proxénète, pour assouvir les pulsions de nos concitoyens contre un peu de cash, aux pieds de nos immeubles, aux coins de nos rues.



En route

Nous sommes cinq bénévoles, trois hommes et deux femmes, vêtus d’un t-shirt blanc par-dessus nos vêtements chauds pour être facilement identifiables, et nous partons en voiture, sur les coups de 22h, en direction du cours de la Libération. Les questions trottent dans nos têtes : comment se présenter ? Qu’allons-nous nous dire ? Comment allons-nous être accueillis ?

La veille, nous avons acté le principe de réaliser nos premières tournées les mains vides ! Nous n’avons donc rien à leur offrir, pas même un café, pour être sûr de ne pas les « acheter ». Nous espérons pouvoir entrer dans une relation gratuite, d’égal à égal, dans l’acceptation de nos pauvretés réciproques. Ce sont elles, les personnes rencontrées, qui nous feront part progressivement de leurs besoins.


Première rencontre

Au bout de quelques minutes de voiture, nous apercevons une jeune femme, à un arrêt de bus. Elle attend dans le froid, s’abritant pour éviter autant que possible la pluie glacée. Nous stationnons un peu plus loin, et trois d’entre nous partent à sa rencontre, pendant que les deux autres restent en retrait. Nous nous présentons, ainsi que l’association, et elle se présente à son tour. L’accueil est chaleureux, et notre appréhension s’estompe en quelques secondes. L’échange commence en français, mais rapidement l’anglais s’impose, à sa demande. Elle vient du Nigéria, comme la moitié des filles que nous rencontrerons ce soir, et n’est pas à Grenoble depuis longtemps. Nous lui demandons si elle croit en Dieu, ce à quoi elle répond qu’elle est chrétienne. Nous lui proposons de prier un instant avec nous : elle est surprise, et décline. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment, et nous rappelle gentiment qu’elle doit rapporter de l’argent.
Nous lui proposons alors de prier pour elle, et là, son visage s’éclaire. Nous allumons une petite bougie au milieu de la nuit, et nous récitons un « Je vous salue Marie » en français. Ne comprenant pas la signification de notre prière, elle nous demande de traduire… et dès les premiers mots, elle reconnaît la prière de Marie, et nous accompagne dans un « Hail Mary, full of grace » que nous récitons ensemble jusqu’au bout. Nous implorons pour elle la bénédiction de Dieu, puis nous nous séparons. 



Douze

Nous continuons notre tournée jusqu'à Saint Martin d’Hères, en traversant les grands boulevard, puis vers la gare en passant par le rectorat. Nous sommes bien accueillis, mais le temps d’échange est très limité : d’une part nous ne nous connaissons pas encore, et d’autre part à cause de la barrière de la langue et de la présence des proxénètes qui surveillent. Notre proposition de prière est acceptée avec le sourire par la majorité des personnes rencontrées. L’une d’elles nous paraît très jeune, probablement une quinzaine d’années, voire moins. Une autre ne veut pas prier avec nous, mais nous regarde prier pour elle quelques mètres plus loin… Son téléphone a sonné à deux reprises au moment où nous nous présentions. En réalité, nous nous apercevons que son « mac » est à quelques mètres, dans une voiture. Nous nous éloignons pour ne pas la mettre en difficulté. Nous recroiserons le proxénète un peu plus tard : nous allons devoir apprendre à nous côtoyer.

Nous rencontrerons une douzaine de filles ce soir, du Nigeria et d’Europe de l’Est principalement. Nous plongeons dans ce monde de misère au cœur de notre beau pays ; dans ce monde de la nuit où l’argent achète tout jusqu’à l’innocence d’une adolescente, où derrière un maquillage et une tenue provocatrice, se trouve notre sœur esclave, qui n’a pas le choix d’être là.  


Il est près de 1h du matin quand nous rentrons à notre camp de base : nous confions une dernière fois les personnes rencontrées à notre Mère du Ciel avant de nous séparer dans la nuit. 


Que le Seigneur les bénisse et les garde !
Que le Seigneur fasse briller sur elles son visage,
qu’Il se penche vers elles !
Que le Seigneur tourne vers elles son visage,
qu’Il leur apporte la paix ! (Nb 6, 24-26)


Article écrit par Rodolphe, le 4 février 2016